
Arpenter le monde au hasard des rencontres.
Accompagner ce qui m'entoure ce qui retient mon regard mon attention mon cœur.
Avec le voyage me laisser porter pour m'aider à comprendre le monde.
M'imprégner d'un paysage, l'apprivoiser peu à peu, le sentir, le toucher.
Dans une relation au corps où l'intellect disparait.
M'immerger dedans dessus avec, chaque sens en éveil.
Puis laisser infuser, sans attente.
Jouer avec les éléments, le vent la pluie la mer la rivière ou le froid, les regarder agir.
Osciller entre mouvement et immobilité, entre très petit et très grand, la goutte d'eau peut devenir mer, la pierre montagne.
Collecter à la manière d'un scientifique des petits cailloux, des coquillages, des graines.
Effectuer des relevés de terrain, des relevés d'empreintes, des prises de notes.
Et à chaque fois réinventer, rejouer, se mettre en danger, aller souvent sur de fausses pistes.
Le dessin, la gravure, le monotype, les estampages, la photo m'accompagnent dans ces recherches.
Plasticienne, je m’attache à prendre soin du vivant en explorant les liens qui nous unissent.
Je construis des récits poétiques à travers des formes favorisant le dialogue inter‑espèces, tout en m’inspirant du féminin matriciel et de tout ce qui fait vie.
Mon enfance en Afrique m’a façonné un regard animiste sur le monde, que je cherche à penser et à panser sans distinguer la nature de la culture. J’hybride l’humain, le végétal et l’animal : des yeux peuvent parsemer des arbres, une robe peut revêtir un corps d’oiseau, une cruche en terre porter des seins, une barbe devenir algue ou corail…
Pour explorer ces liens et créer un dialogue sur ces interdépendances, j’aime arpenter un territoire, m’imprégner de son essence et laisser émerger de manière organique ce qui deviendra œuvre : sujet, forme, discours…
Mon médium principal, le dessin, est souvent conjugué à d’autres techniques que je pratique pour représenter, telles que l’estampe, la couture, le fil et la céramique. J’y incorpore parfois des éléments naturels récoltés ici et là.
Mes œuvres s’inscrivent fréquemment dans une représentation cartographique au sein d’installations où l’on peut déambuler dans l’espace comme sur un chemin tracé. Elles suggèrent des mondes oniriques construits d’observations et d’explorations, mis en résonance avec un alphabet graphique personnel, arpenté aussi librement qu’un jardin.
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